6) Goudali : le bon choix ! Imprimer Email
En choisissant le zébu Goudali, l'Union Nationale des Mini Laiteries ne s'est pas trompée !


Il y a maintenant un peu plus de deux ans, nous avons fait une enquête auprès des éleveurs qui fournissaient le lait aux mini laiteries adhérent à l'Union Nationale. L'objectif étant de se tourner vers une race locale qui permettrait de développer la production laitière. Ces éleveurs, après différentes expériences, ont opté de façon quasiment unanime, pour le zébu Goudali. Pourtant, un tel choix n'était pas évident.

Zébu AzawakZébu GoudaliD'abord parce que cette race est peu répandue et peu connue au Burkina. Cependant, depuis, nous avons rencontré plusieurs éleveurs qui avaient déjà fait ce choix, et qui en étaient très satisfait. Mais aussi parce que le Ministère des Ressources Animales du Burkina ne semble ne jamais s'être intéressé aux Goudalis, alors qu'il a mis en place un projet de soutien à la diffusion du zébu Azawak. Et ceux qui se sont tournés vers les Azawaks semblent satisfaits de leur production laitière.

Mais toute la difficulté est de savoir d'où vient cette bonne production laitière : des bonnes performances laitières des zébus Azawaks, ou de la bonne alimentation offerte aux animaux ? En l'absence d'étude comparative, en plaçant, par exemple, des Goudalis et des Azawaks, comment se faire une opinion fondée ?

Et voilà que, ces jours-ci, en poursuivant nos recherches, nous sommes tombés sur les résultats d'une telle étude. Ces résultats, en provenance du Ministère des Ressources Animales du Niger, se trouvent sur le site de la société « Itche Hamada »d'origine nigérienne. Les résultats de cette étude sont suffisamment clair et sans appel ! Les voici :

Pour le zébu Azawak :
La production laitière est de 775 à 975 litres pour une période de 270 à 300 jours de lactation

Pour le zébu Goudali :
la production laitière est de 2047 à 2275 litres pour une période de 246 à 300 jours de lactation

Ferme près de Ouagadougou dont le troupeau est composé uniquement de GoudaliUn jeune Goudali, à Yagma, près de OuagadougouNous allons contacter le Ministère des Ressources Animales du Niger pour en savoir plus sur les conditions de cette étude. Il est probable que « la part du veau » soit incluse dans ces chiffres. Mais si à cela on ajoute que « le zébu Goudali est un animal docile, qui donne aussi la viande (le rendement par carcasse étant couramment de 300 kg), qu'il mange tout ce qu'on lui donne, et qu'il ne tombe pas malade » (témoignages convergents de plusieurs éleveurs), nous sommes en droit d'affirmer que choisir le zébu Goudali, c'est faire le bon choix.

Et comme l'espace diminue et que les éleveurs ont beaucoup de mal à bien nourrir l'ensemble de leur troupeau, le choix se précise : les éleveurs associés aux mini laiteries sont invités à vendre deux zébus peuls pour acquérir un zébu Goudali. Et pour éviter les problèmes de consanguinité, les éleveurs sont également invités à se prêter les meilleurs taureaux, à les faire circuler d'un troupeau à un autre, d'une année sur l'autre !

Maintenant, le choix étant fait, il faut nous tourner vers l'avenir. Et là, nous pouvons nous inspirer du « Projet de Soutien à la Diffusion du zébu Azawak ».

Les éleveurs de Goudalis auront intérêt à se mettre en réseau, et à définir quelques objectifs communs.

Par exemple :

  • la promotion de la multiplication, de la sélection et de la diffusion du zébu Goudali ;
  • l'amélioration de la production laitière grâce à une meilleure alimentation ;
  • l'échange de « matériel génétique » entre éleveurs !
  • la facilitation de l'acquisition du cheptel Goudali ;
  • la formation des membres sur les techniques d'élevage ;
  • l'approvisionnement des membres en intrants.

Tout ceci, bien sûr, peut se faire en lien avec les laiteries, et donc avec l'Union Nationale des Mini Laiteries et des Producteurs de lait local.

Koudougou, le 22 mars 2010
Maurice Oudet
Président du SEDELAN

 

P-S : Ceux qui apprécient les dessins humoristiques, peuvent se rendre au n° 350 : Grippe A et Paludisme , nous venons d'y ajouter une illustration envoyée par un de nos correspondants.